____Les vagues déchaînées renversent quelques surfeurs, dont le but de certains n'est que de frimer devant leurs poupées Barbies, qui s'étalent de la crème solaire sur leurs jambes absolument parfaites... Éc½urant! Non, j'ai mieux: Désolant. En ce qui me concerne, ils me font pitié. Mais ça, personne ne le saura, tant que personne ne viendra m'emmerder. Heureusement, ce lieu qui n'a aucun lien avec moi, mis à part mon père, a un avantage: un magnifique paysage. Si on enlève tout ce superflu, l'horizon est effectivement très beau: de l'eau, de l'eau et... encore de l'eau. Appuyée sur mes coudes, écouteurs aux oreilles, je me laisse aller grâce à la mélodie de mon baladeur. Voici mon bonheur. Un bonheur qui, je le sens, va être de très courte durée.
- Aïe! Mais qu'est-ce que, dis-je tout en me redressant et retirant mes écouteurs. Non mais ça ne va pas la tête?!
N'ayant toujours pas vu mon "agresseur", j'attrape son ballon de volet, et le regarde, prête à le lui envoyer en pleine figure, mais sans même le vouloir, mes muscles se figent. Waw... Lui, il est vraiment beau.
- Pardon, dit-il dans un rire sincère. Je ne t'ai pas trop fait mal?
- Non, ne t'en fais pas... J'ai juste reçu ton ballon en pleine face.
- Oh, si ce n'est que ça, sourit-il.
Ce sourire... Plutôt pas mal. Bon d'accord, magnifique. Le plus beau de tous ceux que j'ai vu sur cette plage jusque là. Peut-être parce qu'il m'a l'air sincère. Mon heureux agresseur qui s'est maintenant accroupi face à moi passe sa main dans ses cheveux blonds, et me regarde. Un très beau regard... Vraiment beau, intense... On dirait qu'il attend quelque chose de ma part. Si seulement je pouvais deviner ce que... Oh, quelle idiote!
- Je te rends l'arme du crime!
- Merci, me dit-il tout en prenant son ballon de mes mains.
- Pas de quoi.
- Peut-être à bientôt!
- Peut-être, mais oubli ton ballon la prochaine fois!
Ça, c'était vraiment nulle... Je me sens bête, tout d'un coup. Histoire de bien camoufler mon malaise, je continue de sourire, mine de rien. Il rit légèrement, se relève, puis s'éloigne en s'excusant à nouveau.
Moi, je me contente de le suivre du regard... Première rencontre intéressante, si on oubli le ballon...
____Midi... Il était temps que je rentre.Traînant des pieds, je me balade dans les rues ultra branchées de Newport. C'est dingue. Nous sommes en été, il fait une chaleur à en crevée, et il y a autant de gens sur le sable que dans les magasins. La sonnerie de mon portable se mettant en route, je m'arrête quelques instants afin d'attraper l'objet dans mon sac de plage. Une fois en main, je regarde l'afficheur: <<Maman>>
- Hey, dis-je dans un petit sourire, tout en reprenant ma marche.
- Salut ma puce! Comment tu vas? tu es bien rentrée? Tu profites bien de ta première journée? Tu-
- Stop! Essaye au moins de respirer quand tu parles. Je ne voudrais pas assister à ta mort en ligne.
- Je vois que tu as toujours autant de tact dans ton langage ma chérie, soupire-t-elle.
- Que veux-tu? On ne change pas en vingt-quatre heures.
- Trêve de plaisanterie. Comment s'est passé ton vol?
- Plutôt pas mal... J'ai passé le plus clair de mon temps aux toilettes, si tu veux tout savoir.
- Malade en avion?
- Non, je dirais plutôt qu'ils ne remettent pas à jour leurs sachets de cacahuètes!
- Quelle horreur!
- Remets-toi maman, je suis toujours vivante après tout.
- T'es bête, dit-elle joyeuse. Et comment ça se passe avec ton père?
- Bah... Jusque-là, nos conversations se limitent à "Bonjour" et "Bien dormi?".
- Il pourrait faire un effort, soupire-t-elle.
- J'avoue que je n'y suis pas pour rien.
- Et bien ça promet. Ma chérie, je vais te laisser. Philippe va s'arracher le peu de cheveux qui lui restent si je ne raccroche pas. Après tout, moi je suis en France. Gros bisous, maman t'aime!
- Mais-
Trop tard, elle a raccrocher. Je déteste quand elle fait ça! Et ce Philippe... Insupportable beau père depuis trois ans. Dans le genre radin, on ne peut pas avoir mieux. Je me souviendrai toujours du premier cadeau qu'il m'a offert: une poupée de porcelaine, en promotion: cinquante pour-cent de remise, m'avait-t-il confié. Maman était morte de rire. Moi, je me voyais déjà lui faire avaler sa poupée.
____Refermant la porte derrière moi, je pose le second jeux de clef que mon père m'a donné sur le buffet.
- C'est toi Maggie? demande-t-il de la cuisine.
- Ouais.
Qui veux-tu que ce soit? M'avançant vers les escaliers, je pose mon pied sur la première marche, quand il me rejoint.
- Tu as passé une bonne matinée? me demande-t-il dans un petit sourire. En tout cas, tu as bien bronzé, poursuit-il tout en me regardant de haut en bas.
- Oui, je bronze assez vite...
- Oh, et bien tu tiendras au moins une chose de moi.
- J'ai cru le comprendre.
Je lui souris timidement. Je suis plutôt gênée, seule, avec cet homme que je n'ai pas vu depuis cinq ans. Il me sourit à son tour. Au même moment, une odeur bien particulière chatouille, voire agresse, mes narines. Tout en reniflant, je déclare:
- Ça sent bizarre ici.
Son sourire s'estompe aussitôt, laissant place à cette expression grave qu'il portait lorsque je disais ou faisais une bêtise, étant petite.
- Mais je ne parle pas de toi!
Trop tard, il est déjà retourné dans sa cuisine, me laissant comme une idiote sur la première marche d'escalier. Haussant les épaules, je monte le reste des marches, finissant au bout de quelques secondes enfermée dans ma chambre.
Jetant le sac sur mon lit, je regarde la fenêtre vers laquelle je finis par me diriger. La chambre est plutôt mignonne. Motifs sur un mûr beige, une peluche blanche sur le lit, un fauteuil en osier près du placard.. A croire qu'il a attendu mon arrivée durant ces cinq dernières années. Ouvrant la fenêtre, je m'accoude sur le rebord, afin d'observer l'extérieur. Ce n'est pas vraiment extraordinaire. La seule chose qui est réellement intimidante est de me savoir logée dans la plus petite maison du quartier, entourée de monstres immobiliers.. Enfin on dira ça comme ça. Je suis presque sûre que les voisins ont minimum cinq chambres. En parlant de voisins, un jeune homme parcoure justement la grande allée de cette fameuse maison. Il me dit bizarrement quelque chose... Mais oui! Mon bel agresseur! Dans un petit sourire, je continue de l'observer. Je confirme mon opinion sur lui: il est vraiment, vraiment mignon. Le voilà qui sourit. Pourquoi il sourit? Je me penche un peu plus, histoire de trouver la cause: un petit garçon. Lui aussi est mignon. En même temps, il lui ressemble comme deux goûtes d'eau. Version miniature, bien sûr. Le petit accoure vers son -je suppose- grand frère, qui l'attrape, et le place sur son épaule, comme un sac à patate. Le gosse est mort de rire. Ça me fait sourire.
- Maggie! crie mon père des escaliers.
Surprise, je sursaute tout en poussant un léger cri, attirant l'attention des deux blonds qui relèvent la tête. Moi, je me baisse avant même de savoir s'ils m'ont vu ou non.
- Fait chier!
A quatre pattes, je m'avance jusque la porte de ma chambre. A peine debout, la porte s'ouvre, rencontrant mon nez. Ça ne fait pas du bien! Me reculant jusque mon lit, la main plaquée sur mon nez je tente de rester calme. La frimousse de mon père apparaît alors derrière l'entrebâillement de la porte.
- Bah... Qu'est-ce que tu faisais derrière la porte? me demande-t-il surpris.
- A ton avis? Tu m'as appelé, alors je sortais de la chambre!
Mon ton agressif semble l'avoir profondément vexé.
- Le dîner est prêt.
Puis il sort, tête baissée. Il me ferait presque de la peine. Mais il m'a fait mal, nom d'un chien! Sentant un liquide effleurer mes doigts, je baisse la main. Manquait plus que ça. Première journée: deux agressions plus une blessée! Pour des vacances, ça promet.
____Une fois mon pauvre nez nettoyé et soigné, je sors de la salle de bain, et descend les escaliers rapidement. La même odeur que tout à l'heure agresse à nouveau mes narines qui ont déjà bien trinqué. Ça sent le cramé! Peu rassurée, j'entre dans la cuisine où mon père est déjà, assis sur la chaise devant la fenêtre. Je lui souris timidement, lui présentant ainsi mes excuses, puis pose mon regard sur le plat. Quelle horreur!
- Mais qu'est-ce que c'est?
- Ma spécialité: du cake aux olives! Aujourd'hui, elle est un peu ratée.
- Juste un peu, dis-je tout en m'asseyant, amusée.
Il baisse la tête, à nouveau vexé. Quelle délicatesse, Maggie!
- Et si on gouttait?
- Je vais te servir, me dit-il tout en attrapant le couteau de cuisine.
Tandis qu'il coupe une part, je l'observe patiemment. Des grandes cernes soulignent ses yeux. Et il m'a l'air bien fatigué. Quant à sa dégaine, mieux vaudrait ne pas en parler. Il ressemble à une... Épave. C'est méchant, mais réel. De toute façon, pour ce qui est de parler de méchanceté avec lui, je suis sans aucun doute la première à pouvoir l'appliquer. Après tout, c'est lui qui est parti sans laisser de nouvelles à sa fille durant cinq ans. La tranche de cake dans mon assiette, je la regarde, peu rassurée. Est-ce normal que la croute soit aussi.. Noire?
- Qu'est-ce que tu attends? Mange, sourit-il tout en se servant une part.
Je prend mes couverts, coupe un morceau et approche la fourchette de mes lèvres. Le fameux morceau en bouche, je commence à mâcher, aussi doucement que possible, espérant ne pas me casser une dent.
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L'inconnu (vous découvrirez son prénom plus tard): Chad Michael Murray.
Keith James: Tate Donovan.
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Et voilà :) J'espère que ce début vous plait.
Le registre est assez différent de ceux que j'emploie habituellement, j'avoue ^^
Bisous ♥